Cette semaine, j’ai accompagné en consultation une femme qui est en train de réaligner sa vie.
Pas forcément parce qu’elle avait « tout faux ».
Mais parce qu’elle a pris conscience qu’elle n’est pas définie par les événements traumatiques et douloureux qu’elle a vécus, et qu’elle commence à sentir que quelque chose doit changer : sa façon de donner, de choisir, de se positionner… et surtout sa façon de prendre en compte ses propres besoins.
Les expériences traumatiques peuvent laisser une empreinte profonde. Elles peuvent influencer notre façon de nous protéger, de nous attacher, de faire confiance, de nous adapter et parfois même les directions que nous prenons dans notre vie.
Certaines stratégies qui ont été essentielles à un moment donné peuvent continuer à guider nos choix longtemps après que le danger a disparu.
Et sans même nous en rendre compte, nous pouvons finir par construire notre vie autour de ces adaptations.
Nous avons parlé de ces mécanismes très subtils qui peuvent nous éloigner de nous-mêmes : la projection, le besoin de validation, la peur de décevoir, l’habitude de s’adapter, de prendre soin des autres, de porter beaucoup, parfois tellement que l’on finit par ne plus savoir ce que l’on veut vraiment.
Et c’est là que le paradoxe apparaît.
On peut avoir construit une vie que l’on pensait vouloir… et découvrir qu’une partie de cette vie était aussi organisée autour de ce que les autres attendaient de nous, ou de ce que nous avions appris à faire pour nous sentir en sécurité, aimé·e ou reconnu·e.
On peut être très autonome, très capable, très généreux·se, et pourtant avoir beaucoup de mal à dire :
« Ça, ce n’est pas, ou ce n’est plus, bon pour moi. »
Se réaligner ne signifie pas tout envoyer valser.
Cela peut simplement commencer par deux questions :
Qu’est-ce qui est réellement à moi ?
et
Qu’est-ce que je porte pour les autres ?
Une phrase m'est revenue après la séance et elle résonnait particulièrement avec ce travail :
« 𝑻𝒐𝒏 𝒓𝒐̂𝒍𝒆 𝒏’𝒆𝒔𝒕 𝒑𝒍𝒖𝒔 𝒅’𝒆̂𝒕𝒓𝒆 𝒍𝒆 𝒑𝒊𝒍𝒊𝒆𝒓 𝒅𝒆 𝒍𝒆𝒖𝒓𝒔 𝒕𝒆𝒎𝒑𝒆̂𝒕𝒆𝒔, 𝒎𝒂𝒊𝒔 𝒍𝒆/𝒍𝒂 𝒃𝒂̂𝒕𝒊𝒔𝒔𝒆𝒖𝒓·𝒆𝒖𝒔𝒆 𝒅𝒆 𝒕𝒐𝒏 𝒑𝒓𝒐𝒑𝒓𝒆 𝒔𝒂𝒏𝒄𝒕𝒖𝒂𝒊𝒓𝒆. »
Votre rôle n’est peut-être pas de sauver, réparer, rassurer ou valider tout le monde.
Peut-être qu’il est temps de construire une vie dans laquelle vos besoins, vos limites, vos valeurs et vos aspirations ont eux aussi une place.
Parce que votre histoire vous a peut-être façonné·e ainsi.
Mais elle n’a pas à écrire toute la suite.
Et parfois, ce n’est pas davantage de discipline qu’il faut.
C’est moins de surcharge.
Moins de projection.
Moins de « Je devrais ».
Et davantage de connexion à soi.
Se réaligner, c’est peut-être simplement commencer à choisir depuis qui vous êtes aujourd’hui, plutôt que depuis ce que vous avez dû devenir pour survivre hier.
Si ces mots résonnent avec ce que vous traversez, vous pouvez m’écrire, je serais ravie d'échanger.

